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I feel so broken, I want to go home...

Putain, je n'avais jamais chroniqué ça. La honte... Oui, alors là, c'est vraiment la dèche. D'autant plus qu'il va être dur de causer de ce bijou que je me suis enfin décidé à faire. Faut comprendre, ce disque, malgré sa pochette totalement risible, est simplement l'un des grands intouchables absolus de l'histoire de la musique. La naissance du rock psychédélique en 13 titres et 36 minutes, et la naissance de pleins d'autres choses dans le coeur de celui qui écoute ça. Il est difficile de dire, noir sur blanc, ce que je ressens à l'écoute de cette indescriptible merveille. Et ce discours est totalement pathétique et dénué d'intêret, je sais, car des millions d'autres rockeurs dans le monde vous diront ça. Quand on connait Pet Sounds, on se dit obligatoirement qu'il est vraiment dommage que le grand public ne connaisse les frères Wilson que pour leurs ringardises à la Surfin USA ou I Get Around. Car ici, les conneries gentillettes et juste insupportables à la longue (Surfin USA est la sonnerie de mon bahut, je vous garantis que cela donne des envies de meurtre...) sont bien finies, au contraire, Pet Sounds est un album d'une mélancolie totale, à ne pas écouter quand on a le cafard, et ici, Brian, Carl et Dennis atteignent la perfection émotionnelle et musicale, on ne le redira jamais assez. Cet album est l'un des plus intenses de l'histoire, et a permis, avec sa musique paradisiaque, trois ans d'expérimentations camées, trois ans, de 1966 à 1969, qui ont totalement révolutionné le rock. Pet Sounds est le disque fédérateur du rock psychédélique, même si on ne parle pas encore totalement de rock avec ce disque, plus de "pop psychédélique". Mais ne pinaillons pas, tant ce disque représente le bonheur de l'auditeur et la beauté à l'état pur, il serait dommage de le souiller avec des paroles inutiles...

Bon, je l'avoue, j'ai longtemps fait l'hérétique sans le savoir. J'ai commis l'impardonnable pendant longtemps, en n'achetant pas ce disque car j'avais de mauvais préjugés sur les Beach Boys, musicalement parlant. Puis, la pochette me rebutait, comprenez... Mais un jour, merde, j'avais un peu de fric à claquer et j'ai passé la barre des mauvais clichés, "c'est niais", etc... Permettez-moi de vous dire que la claque dans la gueule a été grosse. Pourtant, le refrain du premier morceau de l'album, l'ultra-connu Wouldn't It Be Nice, a joué quelque chose dans les clichés... Ok, ce tube paraît un tantinet niais les premières fois, mais écoutez un peu ces couplets divins, qui emportent hyper loin, qui font planer. Je n'ose pas me demander ce que c'était d'écouter cet album à sa sortie: jamais la musique "rock" (je mets entre guillemets, car ça n'en est pas vraiment), n'avait été aussi belle, jusque-là. Rien que de par sa construction, Wouldn't It Be Nice étonne le jeune de 20 piges qui écoute son nouvel achat 33 tours sur sa platine flambant neuve. Je me dis que, rien que cette chanson a été une révolution musicale. Et attendez, ça continue... You Still Believe In Me est l'une des plus grosses merveilles du disque, une chanson moelleuse, superbe et bien foutue jusqu'au bout. Et c'est sur cette chanson que l'on entend pour la première fois des gimmicks sonores, c'est-à-dire des bruits de tous les jours dans une chanson. Ce que Pink Floyd ou les Beatles développeront à merveille vient de Pet Sounds. Pour la 3684367364ème fois dans cet article: cet album est une révolution.

That's Not Me est plus pop, moins planant que You Still Believe In Me, et ramène à la réalité, en quelques sortes... Pas une des meilleures de l'album, mais quand même hyper efficace et trippante. Par contre, il sera bien plus dur de décrire le morceau suivant. Là, je préfère ne pas trop parler dans le vide, c'est bien Don't Talk (Put Your Head On My Shoulder). Cette chanson est juste... merveilleuse, magnifique, grandiose, sulbimissime. Un pur moment de grâce, l'auditeur est au paradis absolu. Ce titre est planant à souhait, et beau à pleurer. Titre idéal quand on a besoin de se vider les nerfs, Don't Talk (Put Your Head On My Shoulder) est l'un des plus beaux titres de l'album. Déchirant, en un mot.

I'm Waiting For The Day est une géniale bouffée d'air frais, un titre revigorant et beau, à en rendre jaloux les Beatles. Et c'est ensuite un instrumental grandiose, qui emporte loin, mais alors très loin. Je parle bien sûr de Let's Go Away For Awhile, une pure merveille bien mélodique et rêveuse, qui décontracte et fait office de véritable calmant après une dure journée. Relaxant et inlassable, euh... que voulez-vous que je vous dise d'autre, je cherche les mots, c'est tout simplement admirable. Et alors que l'on se dit "difficile de passer après ça", la face B démarre sur les chapeaux de roue, et c'est rien de le dire, avec deux titres qui représentent juste la quintessence absolue des Beach Boys et du rock des années 60 en général. D'abord le culte Sloop John B, et son refrain déchirant de beauté. Juste magistral, frissons garantis, Sloop John B est l'une des meilleures de l'album, et en fait, je me répète car je ne trouve pas les mots. Sûrement qu'ils n'existent pas, les mots que je cherche. Un mot n'est jamais assez fort pour décrire Pet Sounds, et le titre suivant le prouve, il s'agit de God Only Knows. Le sommet absolu de l'album, tout simplement. La meilleure chanson des Beach Boys, une des meilleures chansons des années 60. Et je ne vais pas plus chercher comment analyser un titre aussi déchirant et fantastique (et triste) que God Only Knows. Non, là, franchement, je me tais.

Suite ! Frissonnant et fabuleux est I Know There's An Answer, une chanson encore une fois très mélancolique, et qui a de quoi foutre le bourdon. Here Today, avec son orchestration immense, n'est guère plus gaie, bien que plus positive que la plupart des autres chansons de l'album, au niveau des paroles. Encore une fois, c'est grand, que dire de plus ? Ah oui, c'est grand mais désespéré. Sometimes I feel very sad, tel est le refrain de I Just Wasn't Made For These Times. Brian Wilson avait sûrement un gros coup de blues quand il a écrit ça, et cela suffit à faire de la chanson quelque chose de très fort, et, clairement, le very sad contamine l'auditeur...

Second instrumental du disque avec le très rafraîchissant et exotique Pet Sounds. Le titre éponyme de l'album est instrumental, c'est rare à l'époque. Curieusement, Pet Sounds n'est pas forcément le morceau qui définit le mieux l'album, mais il reste quand même hyper agréable à l'écoute et passe comme une lettre à la poste. Enfin, le final Caroline No est une splendide rêverie mélancolique. On s'imagine dans un champ en train d'écouter ça... rien de plus magique. C'est à essayer d'ailleurs, sans aucun doute. L'album se termine sur l'un de ses moments de gloire. Apaisant, relaxant, calme. C'est beau, que voulez-vous, c'est beau...

Au final, oui je me répète, mais il faut bien dire plusieurs fois que cette merveille est la beauté incarnée. Préciser cela relève presque du devoir de mémoire envers un tel chef d'oeuvre absolu de la musique. Puis finalement, je ne sais pas comment terminer l'article. Franchement, là, pas d'idée en ce qui concerne la conclusion. J'ai essayé pleins de trucs qui m'ont paru être des foirades pas possibles, c'est au moins la cinquième fois que je modifie ce paragraphe. Mais peut-être que finalement, il vaut mieux se taire. Oui, je pense que oui, il est préférable de laisser parler la musique, car God only knows what I'd be without Pet Sounds !

Sur ce...

1. Wouldn't It Be Nice (2.25)

2. You Still Believe In Me (2.34)

3. That's Not Me (2.27)

4. Don't Talk [Put Your Head On My Shoulder] (2.56)

5. I'm Waiting For The Day (3.06)

6. Let's Go Away For Awhile (2.20)

7. Sloop John B (3.00)

8. God Only Knows (2.53)

9. I Know There's An Answer (3.15)

10. Here Today (2.55)

11. I Just Wasn't Made For These Times (3.13)

12. Pet Sounds (2.28)

13. Caroline No (2.50)