1-006-006760_1-The-Doors

Pour cette deuxième discographie détaillée, un groupe, un vrai: les Forbans. Nan, je déconne, aujourd'hui, nous allons bel et bien parler du groupe mythique de Jim Morrison, que l'on ne présente plus, les Doors. Un groupe à la carrière aussi éphémère que remarquable, qui aura cherché durant leur six albums studio une symbiose parfaite entre blues, rock et pop (oui, un peu, quand même). Let's go.

aThe Doors (1967): La première fois que ce gros goinfré de Paul A. Rothchild entend les maquettes des Portes, ça lui fait à peu près autant d'effet que l'odeur d'un seau de merde. Il faudra alors tout le courage du regretté Arthur Lee, chanteur de Love, pour convaincre le célèbre producteur de faire rentrer Morrison, Krieger, Manzarek et Densmore chez Elektra. Ne serait-ce que pour leur donner une chance, un 33 Tours. Fort du succès de Love, Rothchild accepte. Résultat: courant 67 sort la bombe à la pochette noire. Un disque vendu dans le monde entier, mythe à lui seul, comprenant pas moins de trois des plus myhtiques chansons de l'histoire du rock. La pochette donne le ton: The Doors sera un groupe centré sur son charismatique chanteur, Jim Morrison, qui fait toute la force des choses. Reste que les trois à droite, qui se cachent dans l'ombre, ne sont pas les dernières pignes du garage de ta voisine. Et comment ne pas en être sûr quand, dès les premiers sillons du disque, surgit Break On Through (To The Other Side) ? 2 minutes 30 ravageuses, complètement destroy, Stoogiennes avant l'heure... Un monumental groupe de rock'n roll est né. La suite de l'album, à défaut d'égaler ce chef d'oeuvre absolu régnant en guise d'ouverture, joue quand même en leur faveur. Les classiques abondent: comment ne pas citer Light My Fire, que tout le monde a déjà entendue, transcendée dans sa version album en une transe époustouflante de 7 minutes ? Ce Soul Kitchen impérissable ? Tout concourt à faire de ce premier cru éponyme un disque qui restera dans les annales. Deux reprises, et quelles reprises ! Les Portes remettent au goût du jour le Alabama Song de Weill et Brecht dans une version grandiose, bien qu'atomisée une dizaine d'années plus tard par la version de Bowie... L'autre reprise, Back Door Man, en ouverture de face B, est une version énergique et très réussie d'un standard blues de Willie Dixon. Avec cet album, les Doors savent aussi faire dans la dentelle: la ballade The Crystal Ship, monumentale, est inoubliable; End Of The Night est moins forte, mais sublime aussi. Enfin, ce serait un sacrilège de ne pas aborder le final de 11 minutes, le mystique et cultissime The End où Morrison prouve qu'il est le patron, en gueulant interminablement son complexe d'Oedipe. Le seul défaut de The Doors est qu'il contient tout de même quelques chansons mineures: I Looked At You et Take It As It Comes sont médiocres, l'album aurait été encore meilleur sans elles. Et Twentieth Century Fox, si elle s'en tire assez bien, n'est pas non plus inoubliable. Mais ne boudons pas notre plaisir, les 44 minutes de ce premier album des Doors sont tout simplement cruciales. Pan dans la gueule, Rothchild !

Meilleure chanson: Break On Through (To The Other Side)

e841f1956a9d210f11468479e4cf54f2Strange Days (1967): Le premier album était déjà une tuerie, celui-ci l'atomise. Je ne plaisante pas. Pourtant, Strange Days, sorti la même année, est bien plus court (35 minutes là où le précédent en comptait 44). Mais son ambiance est bien plus réfléchie, soignée, le groupe se fait moins bourrin que sur l'impulsif The Doors, tout en gardant son âme des premiers jours. Strange Days constitue le pendant crépusculaire du premier album, et reste, tout à fait subjectivement, mon album préféré des Doors pour l'éternité. Sous cette pochette étrange se cache une pure merveille à la violence latente, oppressante. Strange Days est avant tout, comme le précédent, constitué d'un final de 11 minutes, bien plus réussi que The End qui était déjà terrible: When The Music's Over. Et là, que dire ? Tout ce qui fait les Doors est résumé dans ce monstre. On passe de moments violents (le solo de Krieger, incroyable, la reprise de la fin qui fait tout péter), à des moments calmes et apaisés (le thème principal), et à cette partie centrale totalement oppressante résumant tous les délires "poétiques" de Morrison. Tout l'univers Doors est représenté dans cet incroyable moment virevoltant du 5ème sous-sol au 7ème ciel sans jamais s'arrêter. Un morceau tétanisant, grandiose, incroyable. Mais de là à dire que le reste de l'album est de la merde, sûrement pas. Aucune mauvaise chanson ici. Le tube radio de l'album s'appelle Love Me Two Times, et est un vrai bonheur de rock torché, rythmé, joussif, de grande classe. My Eyes Have Seen You est fondée sur le même principe. Du reste, c'est plus calme. Strange Days, qui ouvre l'album, est un bonheur pop total, un de mes grands chouchous du groupe, et déjà, c'est difficile de passer après. Dire que le deuxième titre, You're Lost Little Girl, est encore meilleur ! Ici, on est dans une semi-ballade assez noire où Krieger et Manzarek forment une section mélodique du tonnerre de dieu, cette chanson devenant également ainsi, une de mes chouchoutes absolues des Doors. Signalons que, selon la légende, Morrison aurait enregistré cette chanson pendant qu'en dessous de la ceinture, une groupie découvrait les joies buccales de... enfin bref. Dans le même style, I Can't See Your Face In My Mind assure monumentalement bien, pareil pour Unhappy Girl. Horse Latitudes, pour courte qu'elle est, est une grande "chanson" de cinglés, à base de bruits divers et d'un Morrison qui n'a jamais autant hurlé. Culte. Elle est suivie directement par Moonlight Drive, superbe morceau pop sans prétention, se finissant toutefois en apocalypse sur de sublimes notes de Krieger. Il me reste enfin à parler de People Are Strange, cette perfection totale, ce joyau brut de seulement 2 minutes qui file le frisson à chaque fois. Et c'est même dans sa totalité que Strange Days file le frisson. A la fois calme et violent, étrange comme son titre et sa pochette, hanté par une force musicale fantômatique qui ne le lâche pas, Strange Days est le genre d'albums qui marque au fer rouge vos tympans. Mon album préféré des Doors, un de leurs meilleurs, aussi, et un de mes albums préférés au monde. Inoubliable.

Meilleure chanson: impossible de chosir une chanson quelconque !

Waiting_for_the_Sun_the doorsWaiting For The Sun (1968): 1968, et déjà le troisième opus des Portes. Sous une pochette magnifique se cache un disque bien particulier. Avec 33 minutes au compteur, c'est leur plus court, et il devait s'appeler à l'origine The Celebration Of The Lizard, dans le but que la face B de l'album ne comporte qu'une suite éponyme de 17 minutes, plus portée sur le texte de Morrison que sur la musique. Ce morceau épique, qui sera par la suite toujours joué en live, sera enregistré en studio. Toutefois, les Doors ayant bien d'autres chansons à placer derrière, le projet capote, et le groupe décide de faire un disque plus "normal", plus conventionnel. Seul un extrait de The Celebration Of The Lizard sera placé sur l'album, et c'est le pivot central de la suite, la montée en puissance angoissante qu'est Not To Touch The Earth, un grand moment bien oppressant comme les Doors savaient en faire. Pourtant, Not To Touch The Earth ne reflète pas du tout ce qu'est vraiment Waiting For The Sun. Car Waiting For The Sun est un virage pop éphémère pour les Doors. Ou alors, si on parle de rock ici, on en parle essentiellement sous forme de ballades rock. Le groupe réalise l'album du coeur, leur disque hippie. Bon, il y a quand même trois chansons sauvages sur cet album. Not To Touch The Earth, donc, mais aussi The Unknown Soldier, remarquable et culte charge contre la guerre agrémentée de bruitages (d'une éxécution, bruitage atroce). Si le morceau commence calmement, de manière pop, il se finit de manière féroce, et est l'un des morceaux les plus rock du groupe, assurément, et l'un des sommets de l'album. La troisième chanson de l'album à être de ce style est le final, Five To One. Enregistré avec un Morrison complètement bourré (ça s'entend dans sa voix), il s'agit encore une fois d'un morceau emblématique et jouissif, rien de mieux pour finir l'album. Mais le reste... Relax, mes frères. Love Street, Summer's Almost Gone, Yes The River Knows, tant de chansons tour à tour tendres, mélancoliques, qui font de Waiting For The Sun un album plus pop que rock, d'où la déception chez certains fans. Du reste, l'album s'ouvre sur un hit absolu, numéro 1 dans les charts à l'époque, Hello I Love You. Pas grandiose mais assez plaisant, comme Wintertime Love. Grandiose, en revanche, est Spanish Caravan, adaptation d'un célèbre morceau classique, où Krieger prouve son grand talent guitaristique. En revanche, l'album contient malheureusement deux chansons férocement à chier, et qui interviennent l'une à la suite de l'autre ! My Wild Love et We Could Be So Good Together prouvent que même un groupe comme les Doors pouvait parfois avoir des écarts de bien mauvais goût. Après, ces deux chansons ne représentent que 5 minutes sur les 33 que l'album dure, donc rien de bien grave... En conclusion, Waiting For The Sun est un album déroutant pour du Doors, pas toujours parfait, mais plein de charme et de tendresse; un comble pour un groupe de rock. Finalement, ce disque est assez bien représenté par sa pochette, c'est l'album idéal pour vos soirées d'été et de couchers de soleil. Pour faire allusion à une chanson de Brel, ce disque est un soir d'été: à force, il sera tellement attachant qu'il vous deviendra indispensable !

Meilleure chanson: The Unknown Soldier

the doors the soft paradeThe Soft Parade (1969): Avec un Morrison qui enchaîne les conneries, des désaccords musicaux et des fans qui pensent que le groupe est en perte de vitesse, les engueulades s'accumulent chez les Portes. Et à la sortie de leur quatrième album, The Soft Parade, rien ne ve plus. D'autant plus que le disque, sorti sous une pochette de grande classe, est un bide. En même temps, on peut parler, ici, de suicide commercial. Comprenez par là que les Doors ont soudainement décidé d'introduire des cuivres dans leur morceaux. Oui. Des cuivres. Ce qui, forcément, ne plait pas trop aux fans et aux critiques. Depuis, The Soft Parade est catalogué comme le ratage des Doors. Mais en est-ce vraiment un ? Non, absolument pas. Il s'agit même, au risque de vous choquer, de l'un des meilleurs opus des Doors. Pourtant, deux merdes difficilement surpassables viennent s'incruster sur le bouzin. La première, c'est Easy Ride. Concrètement, je ne sais pas ce qui a pris aux mecs d'enregistrer ça. Composé un jour de mauvaise gastro, cette chanson aux accents country est un carnage, rien à dire de plus. On pourrait presque parler d'une chanson de commande, et le traîtement n'est guère mieux pour Runnin' Blue, mais qui, elle, a au moins le mérite de faire entendre la voix de Krieger, et de rendre hommage à Otis Redding en son début. A part ça, ça ne peut pas être autre chose qu'une blague, je l'espère. Finissons-en pour ce côté de l'album avec une chanson non pas mauvaise, mais tout de même assez anodine, Do It. Et maintenant, le reste, c'est-à-dire, le panard. L'album ne contient rien d'autre que ma chanson préférée des Doors. Il s'agit de Wishful Sinful. Et évidemment, là, je coince. Comment parler correctement d'une pareille merveille ? Je n'en ai pas la moindre idée. Des musiciens qui n'ont jamais été aussi parfait, un Krieger monumentalement ajusté, Morrison qui livre une prestation crooneresque d'une classe absolue... Les frissons prennent jusqu'à la montée en puissance finale. Un morceau grandiosissime que ce Wishful Sinful. Le gros classique de l'album, car il y en a un malgré la mauvaise réputation du disque, c'est Touch Me, enregistré avec une pétarade de cuivres, et qui laisse exploser en sa fin un solo de saxophone. Sublime. Wild Child est aussi un classique, qui nous emmène cette fois dans du Doors plus traditionnel, avec cette grosse ligne bluesy de Robbie Krieger, qui reste, quoi qu'on en dise, un grand guitariste très sous-estimé en sa matière. Tell All The People, en ouverture d'album, est admirable; Shaman's Blues donne les prémices de L.A. Woman et est l'une de mes préférées ici. Enfin, le final, The Soft Parade, de quasiment 9 minutes, est une pièce en plusieurs parties où règnent à la fois délires de Jim (YOU CANNOT PETITION THE LORD WITH PRAYER !!! quelle intro...), folk (Krieger est grand, je maintiens...), jusqu'à la catharsis finale de blues chamanique, comme le titre d'un autre morceau de l'album... Dans l'ensemble, The Soft Parade, acceuilli avec autant de chaleur que la Peste Noire en son époque, est l'album méconnu et sous-estimé des Portes, et un de ceux qui a le plus de charme, car sûrement le moins Doorsien du lot. Loin du bâton merdeux que sa réputation veut, on tient là, qu'on se le dise, un disque admirable.

Meilleure chanson: Wishful Sinful

MorrisonHotelFrontMorrison Hotel (1970): Cinquième album des Portes, Morrison Hotel est l'un de leurs plus réputés. Sous une pochette culte prise sans l'accord du propriétaire des lieux, en cachette, se tient un disque plus long que de coutume, 37 minutes, ce pour 11 titres. Pour cet album, les Doors testent une coutume propre au disque vinyle, que certains autres ont fait: donner un nom différent à chaque face. Aussi, si Morrison Hotel est le titre officiel de l'album, il ne s'agit en réalité que du titre de la face B. La face A porte le nom de Hard Rock Cafe, et comme par hasard, le verso de pochette montre la groupe de Morrison poser devant un bar ainsi nommé de Los Angeles, qui a depuis fermé, mais également donné son nom à une fameuse chaîne de bars, et ce, grâce à l'album. Anecdote amusante, non ? Musicalement, maintenant... Je ne saurais vous dire pourquoi, mais Morrison Hotel a toujours été le Doors que j'ai le moins aimé. Il m'a toujours semblé être anodin là où les autres avaient une ambiance propre à eux seuls. Cependant, n'allez pas croire qu'il est moins bon que les autres. L'album s'ouvre sur son chef d'oeuvre, son classique absolu, j'ai nommé Roadhouse Blues. Que dire à propos de cette tuerie ? Un riff bien saignant de Krieger, un piano de bar parfait de Manzarek, sur ce morceau incroyable qui était déjà joué depuis longtemps en live, et se devait d'incorporer un album studio un jour. L'album démarre donc très très fort, d'autant plus que le deuxième titre n'est autre que Waiting For The Sun, chanson datant des sessions de l'album du même nom, et qui avait été abandonné. Du très grand Doors encore une fois, un pur sommet bluesy qui fait, combiné avec Roadhouse Blues, la meilleure ouverture pour un album des Doors ! C'est après que le disque devient moins fort. Bon, il y a des perles absolues, quand même. Comme ce Peace Frog orgasmique où rarement le groupe n'aura semblé autant en symbiose, et où même John Densmore assure à fond derrière ses fûts. On trouve aussi, en début de face B, Land Ho !, une merveille enjouée où les mecs semblent s'éclater. J'adore aussi le blues pur The Spy et le moment de grâce Manzarekien Queen Of The Highway. Soit plus de la moitié des titres de l'album ! Parallèlement, je n'aime jamais trop aimé You Make Me Real avec sa ligne de piano qui m'énerve un peu. Indian Summer est un morceau de remplissage pur et dur, calqué sur The End musicalement, en évidemment moins fort. Blue Sunday est une belle ballade mais ne casse pas des briques non plus. Enfin, les deux fins de face, Ship Of Fools et Maggie McGill, sont plaisantes mais pas inoubliables. Dans l'ensemble, Morrison Hotel est, je trouve, le moins bon album des Doors, la faute a une petite moitié de titres qui passent bien l'écoute mais ne resteront pas dans les mémoires. Toutefois, rien que pour cette ouverture monumentale et pour Peace Frog, son écoute demeure indispensable. Un bon cru, honnête et sympathique, où Morrison semble s'être calmé...

Meilleure chanson: Roadhouse Blues

The-Doors-LAL.A. Woman (1971): Et voilà donc le sixième et dernier album du groupe en entier. Car peu de temps après, Morrison décèdera à Paris, rejoignant Robert Johnson, Brian Jones, Janis Joplin et Jimi Hendrix au fameux club des 27. Reste une ultime oeuvre hors du commun. L.A. Woman est sans le moindre doute le meilleur album du groupe objectivement (subjectivement, c'est Strange Days). Il s'agit aussi de leur plus long, avec 48 minutes au compteur. Pour la première fois, Paul A. Rothchild ne produit plus le groupe pour désaccord musical, et laisse la place à Bruce Rotnick, qui signe ici un très bon boulot. L'album, cultissime, est surtout célèbre pour sa pièce finale de 7 minutes, l'orageux Riders On The Storm. Un moment de grâce, au sens propre du terme, un chef d'oeuvre absolu et emblématique, dans lequel Morrison n'aura JAMAIS aussi bien chanté, je dis bien JAMAIS. Pareil pour les musiciens: Manzarek touche la chanson de sa vie, un moment de bravoure pour lui et ses claviers. Densmore apporte une rythmique incroyable. Bref, Riders On The Storm est le chef d'oeuvre final d'un groupe mythique. Mais limiter l'album à cette chanson serait un crime. Il y a une autre pièce de 7 minutes, presque 8 en fait, qui atomise tout son passage, c'est l'éponyme L.A. Woman. Tout simplement ma chanson préférée des Doors derrière Wishful Sinful, c'est un inénarrable et démentiel monstre blues et rock, très énergique, jubilatoire, jouissif, qui atteint son sommet lors d'une montée en puissance d'une ampleur féroce et énervée. Comment en dire plus ? L.A. Woman est le sommet absolu de l'album du même nom, plus encore que Riders On The Storm ! Et que les autres chansons... Parce que des sommets, il y en a, là-dessus, mein Gött. Comment ne pas s'incliner sur l'ouverture immense que constitue The Changeling, où Krieger se porte une nouvelle fois en héros, où Morrison braille comme un damné sans toutefois en faire trop... Comment ne pas s'incliner face à Love Her Madly, tube total et pop comme les Doors savaient si bien les faire ? Oui, L.A. Woman, ce n'est pas que du blues et du rock, c'est aussi de la pop avec Hyacinth House, morceau trop court, et la dernière preuve que Morrison était aussi un crooner de grande classe. L'album contient une reprise d'un vieux John Lee Hooker, Crawlin' King Snake, ma foi fort efficace. Dans le même registre, Cars Hiss By My Window est un blues pur, sans artifices, où Manzarek apporte sa touche raffinée et mélodique. Been Down So Long, très rythmée mais aussi très sobre, montre un Robbie Krieger investi qui va chercher son blues dans des sonorités presque Gilmouriennes ! L'America avait été composée à l'époque du précédent album, pour la monumentale bande-son (Pink Floyd, Grateful Dead...) du non moins monumental Zabriskie Point d'Antonioni. Mais, choix oblige, le réalisateur avait rejeté la chanson. The Wasp (Texas Radio And The Big Beat) est également une archive, un peu améliorée pour l'occasion, qui avait déjà été utilisée lors de passages TV et de lives. Il y en a, des choses à dire sur L.A. Woman, oh oui. On pourrait écrire un livre sur cet album. Reste un joyau absolu, plus blues que rock, qui signe à merveille la fin de l'un des plus grands groupes que nous ayons connus.

Meilleure chanson: L.A. Woman