frampton_comes_alive

Au fur et à mesure que les années passent, et mon expérience musicale avec, j'éprouve de plus en plus le besoin d'analyser ce que j'écoute. Pas seulement sur le plan musical, aussi sur le plan historique des choses. Et alors, quand je vois à quel point Peter Frampton, avec son talent immense de gratteux, sa bouille toujours souriante qui a du en faire craquer plus d'une, et ses capacités de compositeur, est haï par la plupart de la critique rock d'hier et d'aujourd'hui, je m'insurge. La question reste "pourquoi Frampton est-il aussi haï" ? Est-ce parce que sous son look de hard-rocker, il n'est pas hard ? Parce qu'il n'est connu du grand public que pour un slow, le superbe Baby I Love Your Way, qui sera massacré 20 ans plus tard par un groupe de reggae ? Ou que sais-je encore... Mais heureusement, tous les rockers détestés et maudits ont leur moment de répit. Leur album culte, que même les plus puristes et les plus crétins de la planète rock adorent, vénèrent. Et, si Frampton est détesté, ce n'est pas le cas, heureusement, de Frampton Comes Alive, un disque live reconnu comme l'un des meilleurs concerts de tous les temps, voire parfois le meilleur. Cett réputation n'est absolument pas exagérée. Avec ce disque, l'ancien guitariste de Humble Pie a prouvé qu'il n'était pas un bon à rien. Qu'il savait faire du vrai fuckin' rock'n roll. 14 titres, 77 minutes à la fois rock et accessibles, pour un des lives les plus vendus au monde (dans Wayne's World 2, Mike Myers déclare qu'on le recevait gratuitement dans sa boîte aux lettres avec un sachet de lessive), et un des albums les plus monstrueux (dans le bon sens du terme !) et les plus grandioses de l'année 1976. Et des années 70. Et du rock.

Ecouter ce disque, c'est faire saliver ses papilles. Dès les premiers applaudissements qu'on entend, on peut déjà dire qu'on va avoir affaire à du lourd. Mais surtout, le premier morceau de l'album est un monstre total, un des meilleurs, qui n'annonce que du tout miam pour la suite. Something's Happening déploie une énergie digne des Stones. D'ailleurs, la chanson sonne très stonienne. C'est un putain de morceau d'ouverture, peut-être le meilleur qu'un live puisse espérer. On est déjà au paradis avec ça. La gratte de Frampton est bien lourde, mais ça ne bascule jamais dans le hard: ça reste du rock simple mais efficace. Et l'auditeur est sur un petit nuage. Le petit nuage va être d'autant plus agréable avec Doobie Wah, qui, sans être un des meilleurs titres du skeud, possède une sorte de jam féérique en son milieu, un groove/rock qui fait se hérisser les poils. Plus traditionnel est Show Me The Way, qui fait partie des gros gros classiques de Frampton. Il fait là-dedans l'utilisation de ce système étrange qui permet de faire sonner la guitare en fonction de la voix. Un système génial, que Frampton réutilise dans les orgasmiques 14 minutes du morceau final, et qui sera aussi utilisé par d'autres, David Gilmour par exemple. Mais revenons à Show Me The Way. C'est une pure merveille pop-rock, qui vient apaiser après les titres d'ouvertures plutôt rock. Par contre, niveau prise de son, c'est un peu moyen sur ce titre, et c'est bien la seule chose que je reprocherais (sur les autres, la prise de son est parfaite). Mais on ne va pas s'en faire pour si peu... Fin de la face A avec l'immense et, encore une fois, stonien, It's A Plain Shame. Parfait en son genre, un titre radical et efficace, un des meilleurs de l'album.

Peter Frampton se fait acoustique sur le début de la face B. Et là, jen e vois pas quoi dire... Attention, le morceau qui suit est une pure merveille lacrymale. Et courte, malheureusement... All I Want To Be Is By Your Side constitue l'un des moments les plus intenses du live. Pourtant, ce n'est pas grand chose: Frampton, sa gratte. La chanson est simple, mais est d'une puissance fantastique pourtant. Ca peut paraître absurde de dire ça, mais rien que pour ces 3 minutes frissonantes, l'album est absolument indispensable. Bon, pas le sommet du skeud ceci dit, ça, c'est pour plus tard ! En revanche, je serai plus partagé sur le deuxième titre acoustique, Wind Of Change. Au passage, rien à voir avec la chanson de Scorpions. Mais Wind Of Change, bof... Ce n'est pas mauvais, loin de là, mais ça n'apporte rien de plus... Mineur quoi.

On retourne à de l'électrique, avec... LE tube de Frampton. C'est bien le sublimissime Baby I Love Your Way, un morceau que tout le monde connaît. Bon, ça ne trompera personne, rien que le titre sonne chanson d'amûûûûûûûr un tantinet mièvre... Mais si c'est ça être mièvre, alors je veux bien en avoir tous les jours, de la mièvrerie !! Sincèrement, c'est magnifique. Tout est dit. Un moment éclatant avant la magnificence absolue des 7 minutes de I Wanna Go To The Sun. Raaaaah... Celui-là a beau durer 7 minutes, on ne ressent pas la moindre seconde passer. A la fois énergique et doux, limpide. On peut dire que le premier disque de l'album (plus maintenant, tout tient sur un seul CD chargé à la gueule) se termine royalement, magistralement. Et si le second est aussi grandiose, ça promet !

...Aah, au fait, le second est encore plus grandiose !

La face C s'ouvre sur le morceau le plus court du disque, de loin. Penny For Your Thoughts est une bien belle mélodie instrumentale, juste à la guitare sèche. Ca dure un peu plus d'une minute, mais je ne trouve pas ça inutile: au contraire, c'est... charmant, et ça fait guise d'intermède entre deux piliers absolus ! Et là, s'il n'y avait pas le final du disque, I'll Give You Money serait sans le moindre doute la plus grande chanson de Frampton Comes Alive. On a affaire à un pur sommet rock de 5 minutes. Un solo qui vous envoie on ne sait où, un riff d'enfer, bref, I'll Give You Money est un monstre total, difficile pour moi d'en parler. Personnellement, je le range même à la première place des meilleurs morceaux de l'album, à égalité avec le final ! Dire si ce titre est une réussite absolue. Shine On est dans la bonne continuité, snas pour autant marquer l'auditeur au fer rouge. En même temps, difficile de passer après une telle délfagration que I'll Give You Money... Pas un essentiel absolu, mais sympa quand même. Grandissime, par contre, est cette reprise de Jumping Jack Flash. A travers ce titre, tout le monde aura reconnu le célèbre morceau des Stones. Mais Frampton parvient à le faire complètement oublier. Il interprète une version totalement réarrangée du truc, assez blues sur les bords, avec des breaks géniaux qui se succèdent pour donner à la chanson une ampleur monstre. Certains fans ardus des Rolling Stones parleront sans doute de massacre... Mais, enfin quoi... La version de Frampton est 100 fois supérieure à l'originale, qui est déjà géante ! Et si vous n'êtes pas contents, allez sur un autre blog euh... consultez un autre article de ce blog !

Et la grosse viandasse, c'est la face D. Deux titres seulement, mais quels titres... Le premier, c'est le doux, le moelleux si l'on puis dire, Lines On My Face. Des claviers sublimes de la part de Bob Mayo, un Frampton parfait, le tout s'étalant sur 7 minutes. Mais, comme pour I Wanna Go To The Sun, ça passe comme une lettre à la poste. C'est déjà sensationnel, mais ça ne prépare en rien à l'orgasme vivant des 14 minutes du final. Aaaaaaaah, nous y venons enfin, à ce final !! Qui d'ailleurs, mérite un paragraphe à lui tout seul.

Chose faite, nous pouvons maintenant parler correctement de Do You Feel Like We Do. Mythique. Cultissime. What else, comme dirait l'autre... Le riff, le riff qui déboule dès les premières secondes est divin. Il reste dans la tête de l'auditeur et ne veut pas partir. L'intro elle-même, est magistrale. Puis Frampton s'enflamme et nous délivre un bon vieux rock d'antan, un rock 70 pur et dur, fait notemment de cette question absolument culte qui sert de refrain: Dooooooooo you... YOU... Feeeeeeeel like I doooo... Cette partie du morceau est immense, réflète à elle seule tout le live. Puis ça se calme. On sent que ça va monter peu à peu, mais en attendant, ça se calme. Frampton finit par glapir quelques Do you feel like we dooooo, le public est en extase. Mais il l'est encore plus quand il voit Frampton prêt à se servir de son fameux bidule mélangeant voix et guitare. Et quand il démarre, c'est le paradis sur Terre, le voilà qui fait parler sa guitare, il lui fait dire la fameuse question, et le public hurle, est aux anges. L'auditeur aussi. Sans compter sur la reprise finale, qui clôture à merveille le morceau. 14 minutes sont passées, un sacré trip est passé aussi.

En fait, tout Frampton Comes Alive résonne comme cette pièce finale absolument IMMANQUABLE et que tout rocker doit écouter au moins une fois dans sa vie. Car l'album en lui-même est immanquable. En plus, ça ne prend pas la tête, c'est du rock simple, mais parfois, que demander de mieux ? L'autre jour, c'était même Lundi, Do You Feel Like We Do n'a pas arrêté de résonner dans ma tête. Je n'arrêtais pas de me la refaire, parties par parties, n'écoutant ainsi rien au cours d'espagnol. J'étais dans une sorte de bulle, dans un trip dont on ne sort que difficilement. Et c'est là que se résume bien Frampton Comes Alive. Parfois, ça fait du bien de se délaisser des trips complexes, de tripper sur de la musique plus 'primaire' dirons-nous, mais tout aussi bonne. L'effet n'en est que meilleur, bien souvent. C'est en cela que des albums comme Frampton Comes Alive sont essentiels. Et je n'en dirais pas plus, préférant me remettre un bon vieux Do You Feel Like We Do... Allez, au revoir mes frères, je pars loin, très loin...

1. Something's Happening (5.40)

2. Doobie Wah (5.34)

3. Show Me The Way (4.36)

4. It's A Plain Shame (4.18)

5. All I Want To Be Is By Your Side (3.12)

6. Wind Of Change (2.45)

7. Baby I Love Your Way (4.37)

8. I Wanna Go To The Sun (7.14)

9. Penny For Your Thoughts (1.22)

10. I'll Give You Money (5.34)

11. Shine On (3.35)

12. Jumping Jack Flash (7.37)

13. Lines On My Face (7.02)

14. Do You Feel Like We Do (14.15)